Retour d’expérience présenté au MarketingDay 2026 par Jean-Sébastien Rocheteau (Netmedia / Mentioned) et moi-même.
Le search engine optimization a un petit frère qui grandit très vite : le GEO, ou Generative Engine Optimization. À l’occasion du MarketingDay 2026, Netmedia (via son offre Mentioned, dédiée à la mesure et à l’optimisation de la visibilité des marques dans les LLM) et Develink, plateforme française de netlinking, ont partagé un cas concret : comment mesurer, puis améliorer, la présence d’une marque B2B dans ChatGPT et les autres IA génératives.
Pourquoi le GEO ne peut plus attendre
Le décor avec quelques chiffres marquants :
- 44 % des Français utilisent déjà l’IA générative au quotidien, et les cadres sont particulièrement équipés.
- 89 % des sources citées par les IA ne figurent pas dans le top 10 Google : avoir un bon SEO aide, mais ne suffit pas à garantir une bonne visibilité dans les LLM. Les logiques de citation sont différentes.
- Selon une projection de Sopra Steria, l’usage de l’IA devrait tripler d’ici 2028, dépassant alors 50 % de la population.
- ChatGPT a franchi le cap du milliard d’utilisateurs, soit l’équivalent de 20 % du trafic actuel de Google, une croissance qualifiée d’« inédite » en seulement trois ans et demi.
- Autre signal fort évoqué en direct : l’annonce, la semaine même de la conférence, du déploiement élargi des AI Overviews de Google, une réalité à l’heure de cette publication qui transforme une partie de la page de résultats en réponse rédigée plutôt qu’en dix liens cliquables.
Conséquence concrète pour les annonceurs : le trafic organique classique tend à ralentir, tandis qu’un nouveau terrain de jeu s’ouvre, encore mal maîtrisé.
SEO et GEO : proches, mais pas identiques
Les deux intervenants ont insisté sur un point clé : le SEO et le GEO s’alimentent mutuellement, mais ne se pilotent pas avec les mêmes outils ni les mêmes réflexes.
Ce qui reste commun :
- La nécessité de démarrer par un audit pour savoir où l’on se situe.
- L’expérience SEO reste précieuse pour prioriser les enjeux et qualifier les mots-clés / prompt, car pour l’instant, la donnée spécifique au GEO manque encore, obligeant à s’appuyer sur les signaux SEO existants.
- L’autorité des sites tiers qui relaient la marque compte toujours autant, sinon plus.
Ce qui change :
- Les outils de mesure doivent être adaptés : un audit manuel prompt par prompt est possible ponctuellement, mais devient vite fastidieux à grande échelle, d’où l’intérêt de solutions automatisées comme Mentioned.
- Les formats de contenu doivent être davantage pensés « réponse » : le rédacteur doit s’immerger dans le discours de marque, adopter un discours plus objectif qui laisse place aussi aux « points faibles » , pour que le contenu puisse être repris tel quel par un LLM.
- Certaines sources comptent particulièrement pour les IA génératives. Reddit a par exemple été cité comme une plateforme très fréquemment mobilisée par ChatGPT.
La méthode : auditer, prioriser, publier
Le premier réflexe a été de cartographier l’existant : tester plusieurs centaines de prompts liés à l’activité de Develink pour identifier où la marque était absente, certes en se mesurant face au concurrents directs, mais aussi notamment face aux entités fortes du secteur (Google, Ahrefs, Semrush) et où elle était déjà citée, ne serait-ce que comme simple source.
Un enseignement intéressant à ce stade : certains contenus SEO anciens, y compris des articles sponsorisés publiés dès 2019, étaient encore repris par les LLM des années plus tard, preuve qu’un travail de netlinking durable constitue un véritable capital pour le GEO.
Sur cette base, la stratégie s’est construite autour de trois piliers :
- Prioriser les prompts les plus stratégiques, ceux qui touchent aux moments d’intention d’achat, comme « comment définir un budget netlinking ? » ou « comment mesurer le ROI d’une campagne ? ».
- Produire des contenus adaptés aux différents niveaux de maturité des clients, pensés pour répondre directement à ces questions.
- Diffuser ces contenus sur des sites d’autorité du secteur, en l’occurrence e-marketing.fr en plus du site propre de la marque, afin de renforcer la confiance accordée par les LLM.
Concrètement, l’équipe a dressé un listing exhaustif des solutions de Develink, les a transposées en thématiques puis en sujets, produit une première vague de contenus GEO répondant à un ou plusieurs prompts identifiés, et hébergé ces contenus à la fois sur develink.com et sur e-marketing.fr.
Des résultats visibles en quelques mois
Le point de départ était modeste : 5 % des réponses testées citaient Develink, seulement 1,6 % intégraient le site comme source, et 46 % des requêtes liées à l’activité ne faisaient apparaître la marque nulle part. Le ton des mentions existantes était toutefois jugé fidèle au positionnement de marque, un point de départ positif malgré la faible fréquence.
Après quelques mois d’actions ciblées, entre avril et juin :
- Le taux de mentions est passé de 5,7 % à 9,3 %, y compris sur des prompts où les concurrents sont également cités, un signal jugé particulièrement qualifiant.
- Develink est passé 6ᵉ du classement parmi les acteurs suivis.
- La marque s’est retrouvée en tête sur les sources citées, portée par les publications sur develink.com et e-marketing.fr.
- 7 nouveaux prompts font désormais apparaître la marque, là où elle était totalement absente auparavant.
- Côté trafic : ChatGPT est apparu comme 12ᵉ source de trafic dans Google Analytics, e-marketing.fr comme 13ᵉ, le trafic Google a progressé de 28 %, les accès directs de 35 %, et le nombre de nouveaux inscrits dans le pipe commercial a doublé.
Un résultat d’autant plus parlant que l’année avait démarré avec une inquiétude bien réelle sur le ralentissement du pipe commercial.
Les cinq enseignements à retenir
Pour conclure ce retour d’expérience, les intervenants ont résumé leur méthode en cinq points :
- Toujours mesurer avant d’agir, pour prioriser les actions à plus fort impact.
- Partir des questions que se posent réellement les prospects, pas seulement des mots-clés, en intégrant les questions liées à la décision d’achat.
- Produire des contenus orientés « réponse », adaptés au niveau de maturité de chaque audience.
- Publier à la fois sur son propre site et sur des sites qui font autorité dans son domaine.
- Viser un double objectif : remonter dans les citations des moteurs classiques ET dans les réponses générées par les LLM. Les deux ayant un impact direct sur le business.
Le message final tient en une phrase : le GEO sert le SEO, et le SEO sert le GEO. Plutôt qu’une rupture, il s’agit d’un nouveau levier à intégrer dans une stratégie de visibilité déjà existante, à condition d’accepter de mesurer, tester et publier différemment.